Gordon Murray revient sur la scène avec la S1 et remet la McLaren F1 au centre des conversations automobiles en proposant une supercar qui joue la carte de l’hommage modernisé plutôt que de la simple réplique. Entre continuité esthétique, choix techniques audacieux et compromis inévitables pour une voiture routière, la S1 interroge autant les puristes que les néophytes sur ce que doit être aujourd’hui une supercar à moteur V12 atmosphérique.
Sommaire
En quoi la S1 rappelle la McLaren F1 et en quoi elle s’en démarque
Au premier coup d’œil la filiation est évidente. La ligne générale, la silhouette basse et certains détails esthétiques évoquent la F1. Mais la S1 ne se contente pas d’un pastiche. Gordon Murray a opté pour une mise à jour cohérente avec les exigences contemporaines en matière d’aérodynamique et d’usage routier. L’aileron massif de la F1 laisse place à un élément plus discret et actif. Les rétroviseurs rappellent le show-car d’origine mais se montrent finalement plus adaptés à la circulation moderne.
Plutôt qu’une copie conforme, la S1 se place comme une interprétation assumée. Elle conserve l’ADN du design centralisé et axé sur le conducteur tout en adoptant des solutions pour optimiser la tenue de route et la polyvalence. On reconnaît la nostalgie sans subir les contraintes d’une voiture strictement dédiée à la piste.
Que sait-on du V12 atmosphérique installé sur la S1
La S1 embarque un V12 atmosphérique développé et construit par Cosworth d’une cylindrée annoncée autour de 4,2 litres et une puissance revendiquée proche de 690 ch. L’autre donnée marquante est le caractère extrêmement haut dans les tours du moteur avec une plage maximale de régime qui tutoie les douze mille tours par minute. Malgré ce haut régime, le moteur est conçu pour offrir une disponibilité du couple utilisable dès les bas régimes puisque 80% du couple serait présent dès 2 500 tr/min.

Pourquoi un V12 atmosphérique aujourd’hui
Choisir un V12 atmosphérique, c’est viser la réponse instantanée de l’accélérateur, la linéarité et le son naturel d’un moteur sans suralimentation. Sur la route ces qualités procurent une sensation de pilotage très différente d’un bloc turbocompressé. En pratique cela se traduit par une montée en régime expressive et des changements de rapports qui récompensent le conducteur impliqué.
Toutefois ce choix implique des contraintes pratiques. L’entretien est souvent plus fréquent et coûteux, la consommation peut être élevée et l’émission de CO2 plus importante que sur des solutions modernes suralimentées. C’est un compromis volontaire, choisi pour l’expérience plutôt que pour l’efficacité absolue.
Pourquoi garder le siège conducteur au centre et la boîte manuelle
La position centrale du conducteur reste l’un des gestes les plus iconiques de la F1 et elle répond à des raisons techniques réelles. Centrer le pilote permet une meilleure perception symétrique de la trajectoire, un équilibre plus neutre et une sensation de connexion à la voiture difficile à reproduire autrement. Compléter ce schéma par une boîte manuelle renforce l’idée d’un véhicule pensé pour le plaisir de conduite plutôt que pour les performances chiffrées seules.

- Avantage : immersion et pilotage raffiné pour les amateurs exigeants.
- Inconvénient : moins pratique en trafic urbain et généralement moins performant au tour que les transmissions double embrayage modernes.
Sur la route quotidienne la combinaison central seat et boîte manuelle demande une certaine adaptation. Les propriétaires qui choisissent ce type de voiture acceptent le côté exigeant et ritualisé du pilotage.
Quels compromis la S1 fait-elle pour être une supercar routière
Transformer une voiture aux allures de prototype en un modèle exploitable sur route impose des arbitrages. La S1 abandonne par exemple le système d’effet de sol actif utilisé sur la T.50 au profit d’une aérodynamique plus simple et d’un aileron actif plus discret. C’est un choix qui privilégie la polyvalence et la facilité d’usage au rendement aérodynamique extrême.
Autres compromis récurrents observés dans ce type de projet : insonorisation réduite pour préserver le son moteur, suspensions calibrées pour un juste milieu entre confort et performance, et éléments de sécurité modernes intégrés sans trahir la philosophie du châssis. Ces adaptations permettent d’obtenir une supercar utilisable sur route sans transformer l’auto en simple GT luxueuse.
Combien d’exemplaires seront fabriqués et pourquoi ce nombre a du sens
La série de la S1 sera limitée à 64 unités. Ce chiffre n’est pas anodin car il renvoie directement à la production originale de la McLaren F1 en version standard. Au-delà de la symbolique, une production réduite permet de mieux contrôler la qualité, d’adapter chaque véhicule aux attentes des clients et de préserver la rareté, un facteur important pour la valeur de collection et l’image de marque.
Comment comparer la S1 et la McLaren F1 sans tomber dans les erreurs classiques
On trouve souvent trois erreurs récurrentes dans les comparaisons entre une réinterprétation moderne et l’original.
- Prendre pour acquis que la nouvelle est supérieure techniquement sur tous les plans. Les technologies ont évolué mais les choix de conception (atmosphérique, boîte manuelle, sièges centraux) répondent à une philosophie différente.
- Confondre hommage et copie. La S1 s’inspire sans être une réplique et cherche à offrir une expérience distincte plutôt qu’une reproduction historique.
- Ignorer l’impact de l’homologation routière et des contraintes modernes sur le comportement réel. Les chiffres de puissance ou la présence d’aileron actif ne racontent pas toute l’histoire du comportement en usage quotidien.
| Caractéristique | Gordon Murray S1 | McLaren F1 (origine) |
|---|---|---|
| Concepteur | Gordon Murray Automotive | McLaren / Peter Stevens |
| Moteur | V12 atmosphérique Cosworth 4,2 L (≈690 ch) | V12 BMW (bloc BMW) |
| Disposition du conducteur | Siège central | Siège central |
| Boîte | Boîte manuelle 6 rapports | Boîte manuelle |
| Production | 64 unités | 64 unités (version standard) |
| Aérodynamique | Aileron actif discret, pas d’effet de sol actif | Aileron imposant sur certaines déclinaisons |
Que pensent McLaren et les acteurs historiques de ce type de recréation
Lorsque des designers revisitent leurs propres classiques ou que de nouveaux acteurs reprennent des codes anciens, la réaction des maisons historiques varie. Parfois l’accueil est favorable et perçu comme un hommage, parfois il est réservé sur le plan de la propriété morale du design. À ce jour il n’y a pas d’annonce publique précise de la part de McLaren ou de Peter Stevens sur la S1. Dans la pratique, ces projets suscitent souvent débats entre puristes soucieux de l’héritage et passionnés désireux de voir les icônes réinterprétées.
À qui s’adresse vraiment la S1 et quels usages envisager
La S1 vise avant tout les collectionneurs et pilotes enthousiastes qui recherchent une expérience mécanique pure plutôt qu’un record d’accélération ou la polyvalence au quotidien. Il s’agit d’une voiture pour des sorties sur route sinueuse, des journées circuit ponctuelles et des expositions automobiles. En ville elle reste maniable mais exigeante ; son intérêt maximal se révèle quand on peut exploiter pleinement son moteur et sa maniabilité.
FAQ
Quelle est la puissance de la Gordon Murray S1
La puissance annoncée est d’environ 690 ch pour le V12 atmosphérique Cosworth de 4,2 litres.
La S1 est-elle homologuée pour la route
Gordon Murray présente la S1 comme une version routière et la configuration prend en compte l’homologation routière classique, mais les détails d’homologation par pays peuvent varier.
Combien coûtera la S1
Le prix n’a pas été officiellement communiqué au moment des annonces publiques. Attendez-vous à un tarif élevé lié à la production limitée et à la technologie embarquée.
La S1 utilise-t-elle l’effet de sol actif de la T.50
Non. La S1 n’intègre pas le système d’effet de sol actif de la T.50 et mise plutôt sur une aérodynamique plus sobre avec un aileron actif.
Pourquoi seulement 64 exemplaires
Le chiffre de 64 renvoie symboliquement à la production originale de la McLaren F1. Il reflète aussi un choix industriel pour maintenir l’exclusivité et la qualité de fabrication.
La S1 est-elle une simple restomod de la F1
Non. C’est une réinterprétation moderne qui rend hommage à la F1 tout en prenant ses propres décisions techniques et esthétiques pour répondre aux attentes actuelles.
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Elodie Garcia est une rédactrice spécialisée dans les transports urbains et les motos, avec un regard toujours tourné vers l’innovation et la mobilité durable.
